Esther Dyson est bien placée pour savoir comment gérer des volumes importants d'informations. Son CV la présente comme une spécialiste multitâche. Elle est membre du conseil d'administration d'une vingtaine de fondations, corporations et associations. Elle est membre associée du Mayfield Software Fund et présidente d'EDventure Holdings, qu'elle a créée. Récemment, elle a pris une participation dans une compagnie spatiale privée.
Esther Dyson n'en reste pas moins l'une des premières sources d'informations en ce qui concerne l'analyse de la technologie de l'information et son impact. Nous l'avons contactée à son bureau de New York.
Quand avez-vous pour la première fois pris conscience du pouvoir de l'information ?
Mon frère et moi avons toujours été en compétition, et la pire chose que je pouvais lui rétorquer, c'est que je savais déjà ce qu'il venait de me dire.
Vous étiez présente au début du boom de l'information. La croissance de l'information va-t-elle se poursuivre dans des proportions aussi importantes ?
C'est comme demander si l'énergie continuera à prendre de l'importance. C'est tellement vrai qu'il n'y a rien à y redire.
Quel est le rôle de l'information dans l'économie ? L'information sera-t-elle de plus en plus considérée comme une marchandise ?
Oui, une certaine partie de l'information le sera. Mais la plus grande valeur réside justement dans l'information qui n'est pas marchandisée. C'est le propre d'une économie fluide : certaines choses perdent de leur valeur et de nouvelles choses en prennent, il est donc important de continuer à créer de nouvelles choses avec de nouvelles informations. L'obsolescence est de plus en plus rapide.
Pensez-vous que les gens sont parfois saturés par l'information ?
Pas tant par l'information elle-même que par sa diversité. Autrefois, vous meniez votre vie, vous aviez le choix entre trois filles ou trois garçons bons à marier, vous aviez à vous décider entre deux carrières possibles et vous viviez dans votre ville natale. Votre vie était bonne ou mauvaise mais vous vous en accommodiez. Aujourd'hui, tout est possible. Si vous ne trouvez pas la personne idéale, vous pouvez aller sur Internet et faire une recherche parmi des centaines de milliers de candidats. Si vous faites un mauvais choix, c'est de votre faute. Si vous n'avez pas la carrière idéale alors qu'autant de possibilités s'offrent à vous, c'est de votre faute. Les gens sont et se sentent de plus en plus responsables : si leur vie n'est pas parfaite, ils peuvent avoir le sentiment que c'est de leur faute. C'est un lourd fardeau.
Comment gérez-vous l'information ?
J'ai un ordinateur et un téléphone mobile, qui peut maintenant aussi recevoir des messages électroniques. Je n'ai pas de téléphone à domicile. J'ai résilié ma ligne il y a 20 ans, pas parce que je la remplaçais par un téléphone portable mais parce que je ne voulais pas qu'on m'appelle chez moi. Le message est le suivant : ne vous laissez pas submerger par les choses. Vous pouvez toujours débrancher votre téléphone.
Mais nous détestons tous avoir le sentiment de louper quelque chose. Et maintenant, il y a tellement plus à louper.
Les gens essaient de vous faire croire que vous ratez quelque chose. C'est ce qu'on appelle le marketing.
Quelles sont vos principales sources d'information ?
L'e-mail et l'échange verbal. La majeure partie de ce que je souhaite connaître n'est pas encore publiée.
Avez-vous des héros en matière d'information ?
Oui, Larry Lessig par exemple, bien que je ne sois pas toujours d'accord avec ses déclarations. George Orwell, également. Je me pose des questions quant à la croyance selon laquelle l'information peut vous libérer. L'information ne peut nous libérer que si nous avons le courage de l'utiliser et d'agir en conséquence.
Y a-t-il des éléments d'informations sur lesquels vous souhaiteriez mettre la main ?
Je suis sujet de recherche pour le projet de génome personnel du généticien George Church. Nous sommes 10 à participer. Nos génomes ont fait l'objet d'un séquençage et nous allons les mettre, ainsi que tous nos dossiers médicaux, en ligne sur Internet. Le fait de rendre ces informations disponibles est intéressant. Les gens pourront les étudier, produire de meilleurs médicaments et comprendre les tendances génétiques. Cela va également permettre de soulever un grand nombre de questions légales, éthiques et politiques qui doivent être traitées.
Alors, les informations que je voudrais vraiment avoir à l'heure actuelle, ce sont tous mes dossiers médicaux ; c'est la base pour notre test. Ils existent sur papier, ils sont distribués dans le monde entier, mais les professionnels qui les détiennent ne me les envoient pas car ils ont peur de violer le secret médical.
Vous êtes partie prenante dans l'exploration spatiale.
Oui, l'exploration spatiale et le tourisme spatial ; la privatisation et la décentralisation des activités aéronautiques, qui génèrent une énergie et une innovation commerciales inégalées. Les entrepreneurs et les sociétés de capital-risque vont accélérer le développement des voyages dans l'espace. J'aurai peut-être la chance de tenter l'expérience avant de mourir.
et de retour sur investissement
La technologie Radio frequency identification (RFID) ne se limite pas au suivi des stocks et à la recherche des animaux de compagnie. Le Dr. John Halamka présente d'autres utilisations.
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