« Faire plus avec moins », tel est, aujourd’hui plus que jamais, le besoin clairement exprimé par les directions générales à leurs directions informatiques. Un programme de transformation du datacenter ouvre aux DSI des perspectives de réduction de coûts, de gains d’évolutivité et de création de valeur, mais quelle approche adopter pour bâtir ce datacenter du futur ? Et par où commencer alors que les budgets sont gelés et que les volumes d’informations continuent à augmenter ?
Quel DSI n’a pas rêvé de faire table rase du passé et, partant des besoins et technologies actuels, de créer de toutes pièces le datacenter idéal – un datacenter qui serait :
> orienté-service, c’est-à-dire capable de fournir aux activités métiers les services technologiques requis, en temps voulu et au juste prix ;
> agile, c’est-à-dire à même de répondre sans délai aux changements et variations de la demande des divisions métiers ;
> automatisé, pour gérer les processus opérationnels avec moins de personnel, sans dévier des bonnes pratiques et en respectant les engagements de niveau de service ;
> protégé, pour garantir la disponibilité et la sécurité des informations actives et archivées, statiques ou en mouvement ;
> « vert », de façon à réduire la facture énergétique mais aussi à limiter les atteintes à l’environnement et aux ressources naturelles non renouvelables. Cependant, les opportunités de partir d’une page blanche sont rares et le défi, pour l’écrasante majorité des DSI, est de parvenir à transformer radicalement l’existant – systèmes, processus, organisation, compétences – pour construire ce datacenter de nouvelle génération, considéré non plus comme un centre de coût mais comme un actif stratégique créateur de valeur pour l’entreprise. Si plusieurs technologies ont un rôle à jouer dans cette transformation, la virtualisation est celle qui permet dès à présent aux entreprises d’avancer rapidement dans la bonne direction.
Un datacenter 100% virtuel ?
« Dans le datacenter du futur, toutes les ressources d’infrastructure physique seront devenues virtuelles. La mémoire, le stockage, les processeurs seront des ressources virtuelles auxquelles les applications pourront faire appel "à la demande". Ces ressources virtuelles s’appuieront sur des ressources physiques qui se trouveront dans le datacenter lui-même, partout dans la ville ou n’importe où dans le monde, mais les applications les verront comme une ressource unique. D’ici 5 ans, cela devrait porter l’utilisation des ressources à 90%, contre environ 25% aujourd’hui. »
| VIRTUALISATION HAUTE-DENSITÉ |
Le ratio moyen de virtualisation se situe aujourd’hui entre 4 pour 1 (4 machines virtuelles par serveur physique) et 8 pour 1. Les entreprises se familiarisant avec cette technologie, ce ratio devrait rapidement atteindre 20 pour 1 et approcher 50 pour 1 dans 2 ans avec le développement des processeurs multicoeurs. Zeus Kerravala, Source :: Livre Blanc « Network Implications of Server Virtualization |
VIRTUALISER, UNE OPPORTUNITÉ UNIQUE POUR OPTIMISER
La transformation du datacenter passe inévitablement par la consolidation, la mutualisation et la virtualisation, permettant de réduire les coûts tout en gagnant en efficacité et en agilité. Consolider les instances applicatives ainsi que les serveurs et le stockage est un premier pas nécessaire vers la rationalisation de l’infrastructure et une meilleure utilisation des ressources. Le Yankee Group estimait début 2008 que, du fait de l’organisation en silos applicatifs qui prévaut dans les centres de production, les taux d’utilisation sont spectaculairement bas dans les datacenters d’ancienne génération : 25% pour le stockage, 30% pour les serveurs et 30% pour les réseaux.
Dans un rapport publié en mars 2009, l’Enterprise Strategy Group présente la virtualisation comme la première pierre angulaire d’une infrastructure de cloud computing interne. Pour l’analyste Mark Bowker, auteur de ce rapport, « la virtualisation commence généralement au niveau des serveurs mais il devient rapidement évident qu’elle impacte toute l’infrastructure informatique ». Cependant, aussi répandue soit-elle aujourd’hui, la virtualisation des serveurs demande rigueur et méthode si l’entreprise veut en obtenir un retour sur investissement élevé et durable. Le principal écueil à éviter est de déployer la virtualisation des serveurs puis d’essayer d’optimiser cet investissement. « Les déploiements réussis sont ceux qui placent l’optimisation en amont du processus de planification », insiste Mark Bowker, en énumérant les éléments que l’entreprise doit prendre en considération dans cette logique d’optimisation :
- Les nouveaux serveurs physiques Lorsque la virtualisation est déployée dans un environnement de production, l’entreprise a intérêt à se tourner vers des serveurs multiprocesseurs et multi-coeurs capables de supporter un trafic élevé au niveau tant du LAN que du stockage. Les serveurs lames constituent un atout supplémentaire pour réduire la taille physique et la facture énergétique du datacenter.
- L’infrastructure réseau Une attention particulière doit lui être accordée dans la mesure où un serveur physique hébergeant 5, 10 ou 20 machines virtuelles consomme nécessairement plus de bande passante. Le sous-dimensionnement du réseau pose inévitablement des problèmes de qualité de service au niveau des applications. La création de réseaux virtuels permet de contourner cet obstacle.
- Le stockage en réseau La virtualisation des serveurs accélère la généralisation du stockage en réseau ainsi que l’adoption de technologies contribuant à réduire les volumes de données et le coût global de stockage telles que le thin provisionning et la déduplication de données.
- Les outils et les processus IT Ce qui fonctionnait dans les environnements physiques n’est pas forcément adapté au monde virtuel. Les départements informatiques doivent réévaluer leurs processus de provisionning, de gestion de configurations et d’administration de systèmes, et se tourner vers des outils intégrés, fonctionnant sur toutes les plates-formes matérielles et fournissant une vue unifiée.
EMC, CISCO, VMWARE : LE TRIO GAGNANT
On comprend que, partant de la virtualisation des serveurs, la transformation du datacenter physique en « cloud privé » passe, en amont, par la coopération de fournisseurs couvrant plusieurs domaines d’expertise. Pour l’ESG, par leur avance technologique et leur vision partagée, VMware, Cisco et EMC sont actuellement les acteurs du marché les mieux placés pour accélérer cette mutation. « Les clients veulent une plate-forme informatique fiable, dynamique et pouvant être automatisée en fonction de règles métiers de façon à éliminer les coûts d’exploitation et la complexité », écrit Mark Bowker. « Ils veulent aussi avoir la possibilité d’héberger les charges de travail sur site ou hors site et, tout en restant prudents aujourd’hui, faire un investissement judicieux pour l’avenir. Cisco, EMC et VMware ont chacun développé des approches et des offres qui transforment ces attentes en réalité. » On peut ainsi citer :
- Cisco Data Center 3.0, qui transforme les silos d'infrastructure en groupes de ressources pouvant s'aligner dynamiquement sur les besoins applicatifs et métiers, incluant notamment le switch 100% logiciel Nexus 1000v, développé conjointement avec VMware.
- VMware vSphere, premier système d’exploitation pour le cloud computing permettant de recourir à des ressources virtualisées internes ou externes. Brique de base de cet ensemble, la dernière version de l’hyperviseur ESX augmente de 30% le taux de consolidation par rapport à la précédente version.
- L’architecture Virtual Matrix d’EMC qui donne une évolutivité sans précédent aux systèmes de stockage EMC optimisés pour les machines virtuelles (VMware ou autres). Toutes les fonctionnalités avancées de protection de données, de sécurité et de gestion d’infrastructure d’EMC sont également optimisées pour les environnements virtuels.
« VMware, Cisco, EMC et leurs partenaires ont des années d’expérience commune et ont amassé une expertise et desconnaissances qui leur permettent d’offrir des solutions incorporant les meilleures technologies de chaque catégorie. Les clients peuvent implémenter ces solutions intégrées en toute confiance: elles ont été mises à l’épreuve sur le terrain et, tout simplement, elles fonctionnent. »
Mark Bowker, Analyste, The Enterprise Strategy Group
Outre le fait que les trois sociétés travaillent ensemble de longue date, elles s’appuient sur des réseaux de partenaires qui utilisent leurs technologies pour concevoir, tester et délivrer des solutions permettant de récolter dès maintenant les bénéfices de la virtualisation, tout en étant capables de s’adapter aux exigences d’initiatives de virtualisation à grande échelle et de supporter la bascule de toutes les applications sur des plates-formes de cloud computing.
